Boris Vildé chef du Réseau du Musée de l'Homme
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Je suis prêt, je viens...
Film documentaire sur Boris Vildé réalisé par le cinéaste estonien Simon Chkolnikov.
Lieux: Fontenay-aux-Roses, Paris, Ivry, Riga, Tartu.

Né le 14 janvier 1918 a Moscou d'une mère actrice, décédé à Tallinn le 27 juillet 2015. Friand de cinéma dès l'enfance, à travaillé en 1934 au studio des information à Moscou. A beaucoup voyagé pour photographier et filmer : construction du canal Moscou-Volga, le premier brise-glace soviétique en Arctique, en Asie centrale et sur Novaya Zemlya .

En 1939, après être devenu assistant, Chkolnikov a été conduit à travailler pour l'Armée Rouge. Il est enrôlé en 1940, blessé en 1941. En 1942 participe à la libération de Kalinin et de Rzhev et est de nouveau blessé. Membre du PCUS depuis 1945, il s'est vu décerner l'Ordre de la Bannière rouge et la médaille de 1er degré de «Partisan de la guerre patriotique». Après la guerre, Simon Chkolnikov a travaillé comme opérateur et directeur du studio central de films documentaires. En 1946, il s'établit à Tallinn où il travaille depuis 1948 au studio de cinéma " Tallinnfilm ". Il y réalise plusieurs films documentaires (dont, en 1967, celui sur Boris Vildé "Je suis prêt, je viens - Я готов, я иду". En 2007, alors âgé de 89 ans, il est devenu membre du conseil municipal de Tallinn. Il a été inhumé au cimetière de Pärnamäe.

A Fontenay-aux-Roses, la grande artère traversant toute la ville se nomme "Rue Boris Vildé". Au tout début du film, la caméra fait un court arrêt sur la plaque de cette rue où l'on pouvait lire alors "Rue Boris Vildé - fusillé par l'ennemi". Aujourd'hui, la rue est simplement nommée "Rue Boris Vildé". Le film de Simon Chkolnikov est sous-titré à l'écran en langue estonienne. Mais le commentaire vocal est en langue russe.

Ci-dessous, traduction en français du texte du film

De cette petite place à Fontenay-aux-Roses d'où partent tant de rues, l’une d’elle porte le nom de Boris Vildé. Tout de suite après la guerre, on voulait donner son nom à la Place du Trocadéro à Paris, mais la veuve de Boris Vildé s'y est opposée. Il lui semblait que ce serait impudique. Dans le hall du Musée de l'Homme, vous voyez écrit sur une plaque de marbre, les mots de l'ordre attribués par le général de Gaulle : « Vildé, pionnier éminent de la science, s'est entièrement consacré à la cause de la Résistance clandestine dès 1940. Arrêté par la Gestapo et condamné à mort, il a montré par son comportement, pendant le procès et sous les balles des bourreaux, le plus bel exemple de courage et d'abnégation. »

Il ne s'agit pas seulement d'un hommage officiel. Les personnes qui travaillent au Musée y pensent et parlent encore de lui comme s’il était vivant ! Ou comme tout récemment, des résistants réunis à Moscou, qui ont combattu dans les détachements nommés « maquis ». Eux aussi parlaient de Boris Vildé comme s'il était vivant. Dans la ville estonienne de Tartu, une plaque commémorative a été dévoilée devant son lycée, et beaucoup se souviennent également de lui. Pour diverses personnes, sa vie est devenue une leçon, un exemple, un rappel de ce qu’est la dignité humaine. Un rappel que la lutte contre l'injustice et la violence est non seulement un droit, mais aussi un devoir de chacun de nous.

"C'était donc un garçon joyeux, fort et en bonne santé. C'était il y a longtemps. Quel âge aurait-il maintenant... 58 ans probablement, c'est beaucoup... Son enfance avait été si gaie et joyeuse. À l'école, tout le monde l’admirait. Alors qu’il était en classe de cinquième, il avait écrit un poème. Mais ce poème a été perdu. C’était à propos de Boukharine et aussi une parodie d'Eugène Onéguine. Là, il a écrit sur la vie de l'école, sur le réalisateur. Je n’ai pas eu la possibilité de la lire car les filles là-bas lui ont pris ce poème et ne lui ont jamais rendu."

Sa mère Maria Vassilievna Vildé (2) n’a pu m’en en dire plus car elle-même a perdu contact avec son fils avant la guerre. Mais alors que j’étais prêt à quitter Riga, elle s'est soudainement souvenue que Valmar Adams vivait à Tartu. Il y lisait de la littérature russe à l'Université. Elle nous a conseillé d’aller le voir".

« Vous me demandez comment j'ai rencontré Boris Vildé ? Un jour, il est venu me voir avec ses poèmes. Une sorte d'écolier aux yeux bleus. C’était dans les jours difficiles de chômage, quand il avait besoin de se faire une place dans la vie. Ses poèmes me semblaient être ceux d’un étudiant, mais j'aimais bien le garçon lui-même. Il y avait quelque chose en lui de Lermontov, c'est une sorte de Petchorin moderne et, comme nous le saurons, plus tard, il est devenu un véritable héros de notre temps. Je me souviens que nous sommes allés nager ici, dans la rivière Emajogi où il n'y avait personne, où cela semblait plus dangereux. Nous étions des romantiques ».

"A première vue, Boris Vilde n'était pas différent des autres lycéens de Tartu, sauf qu'il résolvait des problèmes mathématiques complexes plus vite que les autres. Probablement qu'il n'a presque jamais perdu aux échecs. Il n'aimait pas du tout perdre, ce n'était pas dans sa nature. Seuls ses amis les plus proches savaient que le soir il lisait de la littérature politique et écoutait la radio soviétique. Ici, dans cette maison, il a décidé de fuir vers l’Union soviétique".

"En ces temps, il y avait une telle mode pour les garçons qui était de partir en Amérique. Pour d’autres, l’envie d’aller en Russie soviétique. Il a emprunté un bateau à quelqu’un puis il est parti. Le lac était sans danger semble-t-il. Mais à moitié de la traversée une tempête s’est soudain levée. Il a failli mourir. Et c'est ainsi qu'il est revenu vers nous. Après quelque temps, il a été envoyé à Kohtla-Järve où l'on extrait du schiste bitumineux. C'est affreux, enfumé, poussiéreux, mais que faire d’autre ? A cette époque, il y avait peu de travail, là on pouvait juste apprendre à boire. Il aurait voulu étudier, mais il ne pouvait pas payer les frais de scolarité. Il aurait voulu mais, après cette fuite infructueuse vers l'Union soviétique, il a été inscrit sur une liste des personnes  peu fiables. C’est alors que Boris Vildé est parti chercher fortune en Europe".

Chère maman!
Je t'écris car j'ai de l'argent pour les timbres. Pour l'instant, je dois passer la nuit dans le refuge de l'Armée du Salut. Le mois dernier, j'ai travaillé comme porteur, j'ai peint des affiches publicitaires et réécrit des partitions. Le journal Roul a publié mon histoire, ils promettent de me payer quelque chose, mais très peu. Actuellement il y a des manifestations des nationaux-socialistes. Des vitres ont été cassées. Je garde en réserve une dernière option : m'engager la Légion étrangère française. »

Deux ans de présence en Allemagne, deux ans d'une vie de sans-abri, à moitié affamé. Puis Boris part en France. Les premiers temps sont difficiles. Il travaille quelques temps dans une compagnie d'assurance, puis dans une petite photographie de rue, donne des cours, imprime plusieurs poèmes sous le pseudonyme de « Дикой » (Sauvage). Et là, pour la première fois, le bonheur lui sourit vraiment quand il peut commencer des études à la Sorbonne. Il a une capacité extraordinaire pour les langues. Son travail sur l'ethnographie attire l'attention d'éminents savants. Encore quelques années, et il deviendra membre du célèbre Musée de l'Homme.

Vildé a rapporté des objets de son expédition en Estonie. Ils sont encore exposés dans le Musée. Durant ces années, il s'est intéressé particulièrement à l'étude du peuple Setu, région du Setomaa en Estonie peut-être parce que cela le reliait à sa patrie. Avec l'ardeur infatigable qui le caractérisait dans toutes les affaires, il a collectionné des costumes particulièrement intéressants, relevé par écrit leurs chants, a observé et beaucoup photographié.

Le jeune scientifique et poète devient vite un des leurs parmi les écrivains, poètes et artistes de Montparnasse. L'un de ses amis proches de ces années-là était Vladimir Bronislavovich Sosinsky. Nous l'avons rencontré à Tallin avec son camarade du temps de la Résistance Igor Aleksandrovich Krivoshein. Vladimir Bronislavovich Sosinsky a été le premier à partager ses souvenirs de Boris Vildé. " Je me souviens bien de notre première rencontre avec lui. Nous étions assis à une table de la taverne Montparnasse, et lui, accentuant le rythme et même, pour ainsi dire, serrant les dents sur chaque mot, nous lisait son poète préféré " :

Volant énorme, maladroite et grinçante,
La terre flotte. Rassurez-vous, les hommes,
Comme une charrue divisant l'océan,
Nous nous souviendrons même dans le froid,
Que la terre nous a coûté dix cieux.

"Et ainsi, alors que sa vie à Paris était sans nuages, la guerre a éclaté. Nous étions tous les trois comme habituellement assis à la même table à la taverne Montparnasse ou au café Alésia - et nous avons tous fini dans l'armée française. Ainsi s'est ensuite établit entre nous une correspondance très suivie. J'ai ici ces lettres, pas toutes, mais certaines d'entre elles. Donc je veux lire un petit extrait de la première lettre que j'ai reçue du front. Un jour, Vildé a abattu un avion. Bien sûr, c'est une heureuse coïncidence, mais Vildé a de tels succès... Comme dans ses travaux ethnographiques pour le Musée de l'Homme, et partout et en tout il est destiné à être un gagnant".

"Après la défaite de l'armée française, tous ceux d'entre nous qui ont survécu ont été capturés par les Allemands. Boris Vildé, vêtu d'un uniforme allemand, s'évade de captivité et réapparaît à Paris. Mais je n'étais pas à Paris, j'étais dans le camp de prisonniers de Potsdam, et mon vieil ami Igor Aleksandrovich Krivoshein, qui a passé de nombreuses années dans la Résistance, connaît mieux cette période de sa vie."

« Bien sûr, je ne peux pas oublier Paris occupé dès 1940. Les magasins et les usines sont fermés, les rues sont vides, seuls les Allemands sont visibles. En apparence, ils sont corrects mais, bien sûr, ils préparent déjà des listes de personnes à arrêter. En cette même époque, Boris Vilde écrit son premier appel. Je me souviendrai toujours de ses premières lignes dans le journal Résistance: « Résister ! C'est le cri qui sort de votre coeur à tous". (1) J'ai entendu ces mots à la radio française de Londres, qui les a répétés plusieurs fois dans ses programmes. Vildé n'est pas seulement un participant, il est l'organisateur et l'inspirateur du groupe clandestin du Musée de l'Homme ».

Dans les sous-sols du Musée de l'Homme, sur un petite rotative manuelle, avec son ami et collègue Anatoly Levitsky, il imprime le journal clandestin Résistance. Ce mot a reçu un nouveau sens, celui de la lutte des peuples contre les occupants fascistes. Vildé fait distribuer la proclamation "33 conseils pour les occupés", colle des tracts "Nous sommes tous avec de Gaulle" sur des bâtiments publics et même sur des voitures allemandes. Il organise le passage de volontaires français vers de Gaulle en Angleterre. Il parvient aussi à découvrir des informations précieuses et secrètes sur une bases souterraine allemande en construction ainsi que sur la base sous-marine de Saint-Nazaire. Malheureusement, un indicateur, Albert Gaveau, était entré dans le groupe du Musée de l'Homme. Nombre de ses principaux membres ont été arrêtés. »

"Nous sommes arrivés à Paris à l'été 1967. La ville nous a d'abord semblé un peu trop calme, paresseuse, épuisée par la chaleur. Il nous a semblé que personne ici ne se souvient de ce qui s'est passé il y a un quart de siècle. Mais nous avons été injustes envers Paris. Monsieur Roger nous raconte : " Près de cette colline, où le lierre a de nouveau poussé, plus de quatre mille cinq cents résistants ont été fusillés par des soldats SS. Cette pierre symbolise une immense tombe, elle est posée à cet endroit comme un sinistre témoin des exécutions."

Julien Roger, gardien du Fort Mont Valérien, a été le premier à nous aider dans notre recherche. Il était assisté par Igor Ekhenbaum, secrétaire général de l'association des vétérans de l'escadrille Normandie-Niemen, le professeur Henri Michel, chef du comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale et de très nombreux Français, qui nous ont aidés pas à pas à restaurer l'histoire de ces jours.

Agnès Humbert, amie la plus proche de Vildé dans la Résistance, n'a pu être rencontrée car elles n'était plus vivante. Mais on nous a montré la maison où Boris est venu la voir pour la dernière fois. C'était après que les Allemands eurent fouillé le Musée de l'Homme. Les arrestations se sont enchaînées et, en ces jours, alors que beaucoup fuyaient Paris, Vildé revint de la zone dite libre. Il fallait poursuivre la publication de « Résistance » afin de lever les soupçons des personnes arrêtées. C'est ici qu'il a confié ses dernières missions à Agnès Imbert. Calme, laconique, il lui a souri et fait ses adieux avec plus de sérénité que jamais. Quelques jours plus tard, les nazis l'ont arrété dans la rue.

En janvier 1942, dans la prison de Fresnes, commence ce processus que l’histoire de la Résistance a retenu sous le nom de « Affaire du Musée de l’Homme ». Il faisait froid dans la cellule et il n'était pas autorisé à fumer. Entre deux interrogatoires de la Gestapo, Boris Vildé écrit son "Dialogue de prison"

« Tu as 33 ans, c'est un bel âge pour mourir. Jésus est mort à cet âge et Alexandre le Grand. Pouchkine fut tué à trente-six, Essenine se suicida à trente. Ce n’est pas que je veuille te comparer à ces personnages, mais pour te faire voir que d'autres ont accompli leur vie à ton âge, achevé leur mission. Tu n’as pas eu de mission mais tu avais, toi aussi, à accomplir ta vie, à en réaliser le sens. Et je prétends que tu l'as fait. Sais-tu le sens de ta vie ? Fait une rétrospective de ton devenir et tu verras que cela était ton humanisation. (…). A 17 ans, tu arrives à t’enfermer dans ta splendide indifférence. Tu gardes encore de la curiosité pour la vie, tu t’amuses mais tout cela est superficiel, tu n’aimes personne, ni la vie ni toi-même, tu ne prends rien au sérieux.  Mais un jour, la construction de ton individualisme s'est fissurée. Tout a commencé par une rencontre avec ta femme. Peu à peu, tous les sentiments humains ont pénétré ton âme : tu as connu la honte, le regret, l'orgueil. Petit à petit, tu t'es attaché aux gens, à la vie, tu es tombé amoureux d'eux. Il n'est pas difficile pour une personne indifférente de quitter ce monde, mais tu  as choisi de te battre, de gagner ou de tomber dans la lutte."

Jacqueline Bordelet, Germaine Tillon et Yvonne Oddon faisaient partie du réseau du Musée de l'Homme. Ils nous ont dit que pendant les jours du procès, personne à Paris ne restait indifférent au sort de Boris Vildé. Comme réveillés par la cause du Musée de l'Homme, de nouveaux groupes verront le jour à travers la France. De grands écrivains, François Mauriac et Paul Valéry, ont lancé un appel aux autorités pour protester contre la menace de condamnation à mort de Vildé. Mais les fascistes ne pouvaient pas laisser en vie l'homme qui fut le premier en France à prononcer le mot "Résistance".

Nous savions que le procès avait eu lieu et qu’ils ont été condamnés. Mais nous ne pensions pas que l'atrocité se produirait. Dans la nuit du 22 au 23 février 1942, un bon ami à moi, avocat, m'a appelé et m'a dit que le groupe de Vildé sera fusillé le lendemain. Dans la nuit, je me suis immédiatement précipité à Paris pour essayer de faire quelque chose pour les sauver. Il y avait une glace terrible dans les rues, et je courais toujours dans Paris. Je ne pouvais imaginer qu’ils puissent être fusillés, que cela puisse arriver dans mon Paris natal. Pourrais-je, me suis-je demandé, trouver une camionnette et la jeter en travers de la voiture dans laquelle ils seraient emmenés. À l'aube, j'avais déjà atteint le fort du Mont Valérien où ils devaient être emmenés pour être exécutés, mais j'étais en retard. Un homme qui travaillait ici à proximité les a vu quand ils ont été emmenés. Le camion n'a pas pu gravir tout le Mont Valérien à cause du verglas. Ils ont été poussés hors du véhicule et conduits à pied. Leurs mains étaient menottées, ils marchaient, glissaient et tombaient. Il n'y avait plus d'espoir. Ensuite, nous avons hésité à appeler Irène Vildé. Nous avons décidé de ne pas le faire. »

Nous avons retrouvé Irène Vildé, née Lot, dans son appartement 4 rue André Neyts.

« Puisque vous insistez, je vais parler de mon dernier rendez-vous avec Boris. Mais comme je connais peu le russe, je raconterai en français. C'est arrivé lundi matin. Mon avocat m'a appelé et m'a dit que je devais absolument avoir un rendez-vous avec Boris. Au début, j'étais très heureuse car cela faisait longtemps que je n'avais pas reçu l'autorisation d'un rendez-vous. Mais pourquoi l'avocat a-t'il dit "certainement" ? J'ai pensé qu'il y avait ici quelque chose d'alarmant. Eh bien, c'est le moment, pensai-je. C'est qu'alors que son anxiété est devenue claire pour moi. Bon, je vais tout dire dans l'ordre."

"L'hiver de cette année-là a été très rigoureux, il faisait particulièrement froid ce jour-là. Nous nous sommes rencontrés dans une salle de réunion inconfortable, Boris était calme et heureux de me rencontrer. Nous avons parlé du processus et, étonnamment, lui et moi avons eu tellement de choses à faire. Nous savions que nous avions peu de temps, il était toujours pressé de me dire le nom du traître. Il a également dit que je devais sauver une femme avec de jeunes enfants. Le temps était terminé et nous nous sommes séparés. J'étais déjà en bas et quelqu'un m'a dit: "Votre mari veut vous revoir." Je suis retournée dans la salle de rencontre et j'ai de nouveau rencontré Boris. J'ai appris qu'ils avaient réussi à lui dire qu'il serait exécuté. Et puis je l'ai juste regardé : il a de l'anxiété, ce qui ne ressemble pas à de la peur, mais plutôt à une excitation joyeuse. Il me regardait si tendrement, je n'ai pas entendu ce qu'il disait, il m'a seulement serrée dans ses bras, m'a embrassée et m'a regardée avec un regard étrange, vous savez, comme un homme qui voit sa femme pour la dernière fois . Il savait que c'était notre dernière rencontre, qu'il allait être exécuté. Et le matin, cette lettre m'a été apportée. Elle est ici".

« Pardonnez-moi de vous avoir trompée. Quand je suis redescendue pour vous embrasser, je savais déjà que ce serait aujourd'hui. A vrai dire, je suis fier de mon mensonge. Vous avez pu remarqué que je ne tremblais pas mais que je souriais, comme toujours. Essayez d'adoucir la nouvelle de ma mort auprès de ma mère et à ma sœur. J'ai souvent pensé à elles et à mon enfance. Veuillez transmettre ma gratitude et mon amitié à tous vos amis. Ma chérie, pensez à moi comme à un vivant, pas comme un mort. Essayez de sourire quand vous recevrez cette lettre, comme je souris en l'écrivant. Je suis prêt ! J'arrive ! "

« Oui, les enfants sont bons quand ils sont petits et en bonne santé. Mais quand quelque chose leur arrive dans la vie, alors ils doivent déjà souffrir pour eux et par eux-mêmes. Tu as vraiment besoin de t'apitoyer sur ton sort maintenant..."