Памяти Бориса Вильде Героя французского Сопротивления против фашизма

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Exposition-hommage au résistant Boris Vildé, cofondateur et chef du Réseau du Musée de l'Homme.

Par Tatiana Fougal Département « Hommes, Natures et Sociétés »

« Qu 'on rende justice à notre souvenir après la guerre, cela suffit. D'ailleurs nos camarades du Musée de l'Homme ne nous oublieront pas »
(Extrait de la lettre écrite par Boris Vildé à sa femme, quelques heures avant d'être fusillé)

Les raisons de cette exposition

Depuis les 66 ans qui nous séparent de la mort de Boris Vildé et de ses six compagnons d'armes, seules quelques manifestations ont eu lieu au Musée de l'Homme, comme cette plaque commémorative installée dans le hall ou encore la cérémonie à la mémoire des Résistants organisée par la Société des Amis du Musée de l'Homme, le 7 mars 1983 ; mais, à ce jour, aucune exposition consacrée à cet homme d'exception et à l'action qu'il a menée. Le 8 juillet prochain (25 juin, selon le calendrier julien), nous commémorons ! 00 ans de la naissance de Boris Vildé. Et quoi de plus logique que d'organiser cette exposition-hommage au Musée de l'Homme, en même temps que celle consacrée à Germaine Tillion et avant la fermeture du musée pour travaux de rénovation, car les pages les plus glorieuses de ce quefût le Musée de l'Homme durant 70 ans, entre 1 938 et 2008, ont été écrites par le réseau de résistance « Musée de l'Homme » dirigé par Boris Vildé.

Ce n'est pas un hasard si le Musée de l'Homme fut le siège d'un des premiers réseaux de résistance en France. L'activité scientifique de cette institution était fondée sur les principes humanistes, défendus par la plupart de ses animateurs scientifiques, que ce soit sur les terrains de leurs études ou dans leurs écrits. Quand les Allemands furent déjà à Paris, Paul Rivet, son directeur, fit un exposé à la Sorbonne sur les origines de l'Humanité. Dans sa conclusion, il dénonça vigoureusement le racisme comme une absurdité scientifique.

Boris Vildé, humaniste et ardent défenseur des valeurs de la civilisation, était parmi les premiers Français entrés en résistance. Après son évasion de la prison allemande dans le Jura et dès son retour à Paris, le 5 juillet 1940, il chercha les moyens efficaces de s'opposer au régime nazi/. Au Musée de l'Homme, assez rapidement, un groupe se forma autour de lui. Sans discussion, par un accord tacite, Vildé devint le chef, Lewitsky son second, et Yvonne Odon une sorte de directeur général. Selon les témoignages de ses camarades d'armes, il y avait quelque chose en lui, « une espèce de feu », c'était un chef né. D'après Martin Blumenson, historien et auteur d'un livre sur le réseau du Musée de l'Homme, « le groupe dit « du Musée de l'Homme » constituait le réseau le plus ancien et le plus solide des travailleurs de l'ombre ». Sous la direction de Boris Vildé et en contact avec d'autres groupes de résistants (dont celui de Paul Hauet auquel appartenait Germaine Tillion), ses membres menaient des activités multiples : ils faisaient passer des agents et des renseignements aux Anglais ; ils aidaient les évadés, ils publiaient et distribuaient les tracts anti-nazis puis le journal « Résistance »... Arrêté par la gestapo et condamné à mort, Boris Vildé a donné au cours du procès et devant le peloton d'exécution « un magnifique exemple de sang-froid et d'abnégation » (extrait de la décision du Général de Gaulle, signée le 3 novembre 1943 à Alger et décernant à Boris Vildé la médaille de la Résistance française).

A  travers une exposition temporaire organisée du 30 mai au 8 septembre 2008 dans le Musée de l'Homme à Paris, un hommage à été rendu aux membres du réseau de résistance du Musée de l'Homme et à Boris Vildé. Félicitations aux concepteurs de cette exposition et particulièrement Tatiana Fougal, Laetitia Paquerot et Matthieu Carton.  Dans le cadre de cet hommage, Julien Blanc, historien, a donné une conférence sur le thème "Première résistance en zone occupée: les pionniers du Musée de l'Homme".