Boris Vildé chef du Réseau du Musée de l'Homme en 1940

Héros de la Résistance française contre le fascisme allemand

BULLETIN OFFICIEL DU COMITE NATIONAL DE SALUT PUBLIC

n°2                                                   30 décembre 1940

Vous tous qui  avez accepté de travailler à l’oeuvre commune de résistance pour la libération du pays, vous devez vous pénétrer de cette idée essentielle: que nous ne pourrons agir utilement et efficacement sans une organisation réalisée dans la discipline .

La discipline, c'est accepter l'autorité des chefs. C'est surtout leur obéir.L’obéissance, chez nous, n’est ni aveugle, ni mécanique. Elle permet de penser. Elle exige même de comprendre. Elle ne permet plus de discuter.

Votre action individuelle doit être un élément de l’action commune. Elle doit répondre à un plan général. Ceux qui ont à rassembler tout ce que vous leur avez apporté, qui ont contrôlé et vérifié, avec la lourde tache de voir clair et de décider, le feront en connaissance de cause, hardiment s’il le faut, mais non sans réflexion.

Votre action individuelle doit être un élément de l’action commune. Elle doit répondre à un plan général. Ceux qui ont à rassembler tout ce que vous leur avez apporté, qui ont contrôlé et vérifié, avec la lourde tache de voir clair et de décider, le feront en connaissance de cause, hardiment s’il le faut, mais non sans réflexion.

Une initiative individuelle raisonnée peut être heureuse sur un point un jour donné. Elle peut être mauvaise pour l’ensemble, et un autre jour, si certaines données vous ont échappé. Ce sont souvent les plus lointaines les plus importantes.

Donc, pas d’actions dispersées, pas de gestes isolés. Faites confiance à vos chefs. Ne vous impatientez pas. Vous avez tous beaucoup à faire dans le cadre qui vous a été assigné.

Vous avez d’abord à vous discipliner vous-même. Vous avez à exercer votre volonté pour que votre sentiment ne s’émousse pas. Entraînez vous pour le travail nouveau qui vous est donné. Vous avez toujours à voir, toujours à dire, toujours à faire. Réfléchissez sans cesse à ce que vous avez déjà fait et à ce que vous pourrez faire; aux moyens que vous avez et à ceux que vous souhaitez avoir; à ceux que vous pourrez vous procurer vous même  et à ceux qu’il faudra que nous vous donnions.

Il y a autour de vous des hommes à persuader, à réconforter, à grouper, à diriger. Souvenez-vous que ce sont des hommes d’action qu’il nous faut, et que ce sont ceux-là qui, le moment venu, entraîneront les autres et décideront du succès. Ce sont ceux-là qui doivent être préparés pour que leur organisation fonctionne.

Il faut qu’elle puisse fonctionner à plein le premier jour qu'elle agira. Que votre impatience soit donc uniquement le stimulant de votre ardeur, une raison d’activité réfléchie.

"Dites vous bien que ce ne sont pas des paroles enflammées, des gestes irréfléchisdes bravades absurdes, des sacrifices é mouvants, qui sauveront le pays. C’est un immense travail de chaque jour, s’ajoutant à votre travail quotidien, patient, secret et sans panache, qu’il faut, obstinément poursuivre à travers toutes les difficultés, avec une ténacité sauvage.Et il faut d’abord organiser les légions disciplinées de la France enchaînée.

LE COMITE NATIONAL DE SALUT PUBLIC