Boris Vildé chef du Réseau du Musée de l'Homme en 1940

Héros de la Résistance française contre le fascisme allemand

RESISTANCE N° 1 page1 N°1 page 2 N°1 page 3 N° 1 page 4 N° 1 page 5 N° 1 page 6 N° 2 page 1 N° 2 page 2 N° 2 page 3 N° 2 page 4 N° 3 page 1 N° 3 page 2 N° 3 page 3 N° 3 page 4 N° 3 page 5 N° 3 page 6 N° 4 page 1 N° 4 page 2 N° 4 page 3 N° 5 Sommaire

  Dans le même article l’honnête feuille helvétique fait observer à M.Laval que «rien n’est plus dangereux pour un homme d'Etat que de se laisser guider par des rancunes et des impressions et de mettre au premier plan sa personne plutôt que d’y placer son pays».

....Pour ce qui est de son éventuel successeur Flandin, la presse américaine rappelle que si elle n'a jamais eu de sympathie pour Laval, elle ne saurait accueillir Flandin qu'avec beaucoup de réserve. On ajoute dans les milieux américains bien informés, que le rôle du général Weygand, dépositaire de l’intégrité de l'Empire français, peut devenir capital. Dans une interview retentissante donnée au journaliste américain Ellam, le général Weygand a affirmé son loyalisme au Maréchal Pétain. M. Murphy a rendu visite au Maréchal à Vichy et à la suite de cette audience cette importante personnalité américaine a insisté à son tour sur le rôle que le général Weygand pouvait assumer dans la suite des événements.

  Lorsque le Maréchal a reçu Abetz, celui-ci lui aurait fait observer qu’il suffisait de dix heures pour que l'armée allemande occupe la France libre, et le Maréchal aurait répondu; "et moi, il me suffit de dix minutes pour que l'Armée d'Afrique entre en action." Souhaitons que ce mot soit vrai. Abetz avait fait une démarche éclair.

  La négociation continue à traîner entre une Allemagne qui ne sait plus trop si elle doit exiger, et une France qui commence à croire qu’elle peut refuser. Lavai écarté du pouvoir, ce ne serait plus seulement une réalité, ce serait un symbole qui compte. Puisse le Maréchal tenir bon pour une besogne et pour une attitude qui sont cette fois selon le coeur de tous les Français

ETATS – UNIS

   Le gouvernement de Vichy, qui désire conserver des relations amicales avec les Etats-Unis, se plaint des critiques acerbes qui lui sont quotidiennement adressées par la presse comme par la radio nationale américaines. La radio de Boston, dans son émission du 16 décembre à 22h. fait observer que ces critiques ne s'adressent pas au peuple français. Mais il faut que le gouvernement et le peuple français sachent bien que l’écrasante majorité des Américains souhaitent la victoire de la Grande Bretagne et l'écroulement de la domination nazie en Europe. Le speaker rappelle le passage suivant du discours radio-diffusé de M.Winston Churchill en date du 22 octobre 1940: "Si vous ne pouvez rien faire pour la cause commune, du moins ne nous faites pas obstacle dans les efforts acharnés que déploie la Grande Bretagne pour s'assurer la victoire." Les Américains, ajoute le speaker, demeurent attachés à un idéal démocratique et de tolérance, et le reniement de cet idéal aurait pour la France la plus néfaste influence, non seulement aux E.U, mais dans le monde entier.

HITLER ET LE COEUR DES FRANÇAIS

M. Edouard Drault, dans "Paris Soir" du 16 décembre 1940, rapporte avoir dit lui-même à un Allemand à qui il montrait une estampe représentant le Roi de Rome sur les genoux de son père: « Ah, si votre Chancelier rendait cet enfant à son père, il aurait le coeur de tous les Français ! » Et, dans un magnifique élan lyrique il ajoute : "C’est fait!... En ce 15 décembre 1940 le Chancelier Hitler, en un geste d’une beauté et d'une grandeur inexprimable a conquis le coeur de tous"

   M.Hitler, ce faisant, comptait si bien conquérir le coeur de tous qu’il a jugé bon de faire attendre les cendres à la Gare de l’Est, pendant trois heures pour qu’elles ne traverssent Paris qu’à minuit ¼, c’est à dire un quart d’heure après le couvre-feu imposé par les autorités occupantes...