Boris Vildé chef du Réseau du Musée de l'Homme en 1940

Héros de la Résistance française contre l'occupation allemande

Editions Allia Journal et lettres de prison
1941-1942. Précédé de De Saint-Pétersbourg au mont Valérien par Dominique Veillon et suivi de La lumière qui éclaire la mort par François Bédarida. Allia, 2018, 224 pages, 12 €.
En avril 1941, l'ethnologue russe Boris Vildé, en poste au musée de l'Homme à Paris, est arrêté pour résistance puis fusillé. Incarcéré pendant un peu plus de huit mois dans des conditions de confort rudimentaires, il écrit des pensées qui deviennent une sorte de journal. C'est ce texte qui est ici proposé, accompagné de notes et de documents permettant de mieux appréhender leur contexte. Ces bribes qu'il voulait détruire ont été finalement un cadeau d'amour à son épouse ; elles nous font suivre un itinéraire intellectuel et spirituel d'une intensité saisissante. Vildé lit beaucoup en prison, où il apprend le grec puis le sanscrit, tout en méditant sur la mort, c'est-à-dire la vie. Qu'est-ce que le moi, la souffrance, le désespoir, le bonheur, le sacrifice, l'au-delà… Ses propres intuitions s'enrichissent d'un jugement sur les livres qu'il lit – de Marcel Granet sur La pensée chinoise à saint Matthieu, Montaigne, Pascal ou Nietzsche, des romans qu'il emprunte à la bibliothèque de la prison à une approche de plus en plus fine de la poésie. Ces phrases sont en fait des manières de fixer des pensées, des rêves nombreux. La question centrale face à la mort est celle du moi. Il en vient à esquisser un dialogue entre deux « moi », « Moi 1 » et « Moi 2 », qu'il interrompt par souci de ne pas faire de « littérature ». Sa méditation l'amène à comprendre, de mieux en mieux, ce que sont la liberté humaine et l'amour, au bord de l'exécution. Un livre fort et bienfaisant.

Par ailleurs, depuis 2005, existe également une édition en langue russe "Дневник и письма из тюрьммы 1941 - 1942". Русский путь - 109240 Москва, Ул. Нижная Радищевская Дом 2. .