Boris Vildé chef du Réseau du Musée de l'Homme en 1940

Héros de la Résistance française contre le fascisme allemand

Théâtre Vanemuine à Tartu - Boris Vildé (1908-1942)

Première du spectacle "Mont Valérien" le 21 janvier 1972   

Né à Pétersbourg. Ses années d'enfance et de jeunesse se sont passées à Tartu. En 1926 a terminé le lycée russe et entra à l’Université de Tartu. En 1927 a tenté de retourner en Union Soviétique. En 1930 part pour l'Allemagne. Dès 1932 vécut Paris. Dans les années 1934 -1937 étudie à la Sorbonne la langue allemande et obtient son doctorat. Avant la deuxième guerre mondiale a effectué plusieurs voyages en Estonie où il rassembla des matériaux ethnographiques pour sa future thèse.

Au commencement de la guerre, Vildé est devenu un des organisateurs du mouvement de la Résistance : il entra dans le groupe clandestin du Musée de l’Homme. En 1940, il publia le journal clandestin «RESISTANCE» et distribua la brochure «33 conseils aux occupés » ainsi que d’autres proclamations.. Arrêté en février 1941. Un an plus tard, le 23 février 1942, il est fusillé par les occupants allemands.

"VILDE, Universitaire et chercheur de premier ordre, s'est consacré entièrement à la résistance clandestinité 1940. Arrêté par la Gestapo et condamné à mort, a donné au cours du procès et devant le peloton d'exécution un magnifique égation".

Cette citation du général Charles de Gaulle du 3 novembre 1943 sera plus tard taillée en lettres d'or sur la plaque commémorative sur un mur du Musée de l’Homme à Paris. Nous dédions à Boris Vildé et à ses compagnons de combat ce ballet «Mont Valérien».

Boris Vilde - personnalité exceptionnelle : dans ces années, quand le fascisme a envahi presque toute l’Europe, il a abandonné tout ce qui lui était personnellement cher et s'est consacré à la lutte anti-fasciste. Aujourd’hui encore comme hier, beaucoup à travers le monde périssent dans la lutte pour la liberté et la justice. Notre dette est de ne pas oublier ces personnes courageuses et de respecter ceux qui ont décidé de lutter au lieu de subir la résignation et l'humiliation. Endrik Kerge.

Acte I
On m’appelait Boris Vildé. Quand ils nous ont mis à mort, j’avais 33 ans, Paris était occupé. La Gestapo me poursuivait. Ils m’ont attrapé et ont commencé les interrogatoires quotidiens. Je tentais de trouver en moi-même les forces pour subir une telle cruauté. Je pensais au passé. Le passé et le présent se sont mélangés en moi d’une manière intemporelle. Les souvenirs de ma Patrie m'ont renvoyé à l’opposé, de longues années en arrière du temps de ma jeunesse. Je me rappelais cette nuit de tempête sur le lac de Chudskom, quand je voulais repartir vers l'Union Soviétique. De peu, je faillis périr mais je ressentais en moi un bonheur sans borne. Dans la tempête, au milieu des éléments déchaînés, riant et méprisant la mort. Je me suis rappelé l'Université de la Sorbonne d’avant-guerre. C’est là que, pour la première fois, j'ai rencontré ma future femme Irène.

Acte II
J'ai passé l'année entière dans la prison Frêne en tête à tête avec mes idées. Le temps était rempli par les pensées sur l'harmonie classique et la clarté. J’avais des visions. Je pensais à la musique qui fait tout expier, même la mort. Il me semblait que les idées sur la musique aiderait à étouffer l'affliction pénible, mais la réalité cruelle détruit l'harmonie de la pensée. Je suis entouré de murs de prison. Mes compagnons d'armes sont aussi ici. Pour nous, un destin commun.. Le mouvement de Résistance a réclamé ses premières victimes. On se rappelle Paris d'avant-guerre, plus précisément Paris des jours dits de "la drôle de guerre». Alors régnaient la sécurité et la gaieté insouciante. Puis l'ennemi a brisé la ligne Maginot et s'est approché de Paris. La frayeur a remplacé la perplexité. L'armée des envahisseurs est entrée dans Paris et a défilé sur les Champs Elysées. Mais la netteté et la bonne organisation des forces ennemies ont été contrecarrés par le mouvement grandissant de la Résistance. La Gestapo a commencé à poursuivre les résistants. Ils m'ont attrapé.. Enfermé. Interrogatoires pénibles . Il était très difficile de rester un être humain.

Acte III
Puis il y eut le jugement. Il est entrée dans l'histoire de la France sous le nom du procès du «Réseau du Musée de la l’Homme». Ce fut seulement une ressemblance, une simulation de justice. Le pouvoir dirigeait la volonté du juge, dans les mains duquel il était un simple pion. Nous méprisions la cour, nous étions gais et nous comportions crânement. La cour a prononcé l'arrêt de mort. Dans la prison nous attendions le jour du supplice. J'étais prêt à la mort. J’étais prêt à tout quitter : Adieu les pensées, les souvenirs, la vie, l'amour. Adieu les souvenirs d'une belle Patrie. Adieu Irène. Lors de notre dernière rencontre, elle n’a pas su cela : que je partais aujourd’hui pour l’éternité. Un matin, à l’aube naissant, ils nous ont transportés au fort du Mont-Valérien. Le long du mur il n'y avait pas assez de place pour nous fusiller tous à la fois. Je voulais mourir le dernier. J’ai vu comment, les un sur les autres, sont tombés mes collègues et compagnons. Puis mon tour est arrivé