Boris Vildé chef du Réseau du Musée de l'Homme en 1940

Héros de la Résistance française contre le fascisme allemand

En Estonie et Finlande 1 En Estonie et Finlande 2 En Estonie et Finlande 2

Misions en Estonie et Finlande

A propos de Boris Vildé, les historiens ont souvent écrit que le temps ne lui avait pas été donné de publier ses premiers travaux de recherches après ses missions en Finlande et en Estonie. Pour notre part, nous avons retrouvé un article signé Boris Vildé, publié en 1940 par la revue "Horizons de la France". Cet article nous a été communiqué par Madame la directrice de la médiathèque de Fontenay-aux-Roses.
Ci-dessous, dans l'ordre de présentation: maison paysanne de Carélie. L'intérieur. Tapis finnois XVIIIe siècle. Kantélé (sorte de cithare, est un instrument de musique populaire finnois). Boite à lait. Cuillère en os et écuelle en écorce.Couteau étui en cuir et os gravé.

La civilisation finnoise

Les Finnois appartiennent à la branche occidentale des peuples dits finno-ougriens, et sont parents éloignés des nombreuses populations disséminées dans le Nord et le Nord-Est de la Russie: Ostiaks, Tchémérisses, Zyriènes, etc. Cette parenté, incontestable dans le domaine linguistique, est beaucoup moins évidente dans le domaine culturel, et moins encore en ce qui concerne la race. A l'heure actuelle, le peuple finnois présente, comme toutes les populations européennes, un mélange racial assez complexe d'où l'on peut néanmoins dégager plus aisément qu'en Europe centrale, un type physique national, la Finlande ayant été, grâce à sa situation géographique, moins exposée aux invasions étrangères. Ce type, aux cheveux blonds, aux yeux bleus ou gris, à la tête légèrement plus longue que large, est caractéristique pour la côte orientale de la mer Baltique, et s'apparente à la race nordique, dont les Suédois sont les représentants typiques. La taille et l'indice céphalique sont nettement moins élevés en Finlande, et décroissent en allant vers l'Est, mais dans l'ensemble l'aspect physique de cette race sub-nordique est le même que celui de la race nordique. Une partie de la population finnoise offre cependant des traits anthropologiques tout autres, avec les cheveux bruns, les yeux foncés, la peau mate et la tête ronde. Ce type est assez fréquent en Carélie et même en Savola. Il existe naturellement entre les deux, des types intermédiaires qu'on trouve un peu partout, et surtout parmi la population urbaine. Notons encore que les Finnois sont généralement robustes, solidement bâtis, avec une large carrure; en dépit de leur faible importance numérique ils jouissent d'une grande réputation sportive.

Il importe d'observer qu'au point de vue anthropologique les Finnois n'ont rien de commun avec les Lapons, race particulière de semi-nomades, au nombre de quelques milliers seulement, qui habitent les toundras du nord de l'Europe, au-delà du cercle polaire. II est généralement admis que les ancêtres des Lapons occupaient jadis tout le territoire actuel de la Finlande, d'où ils furent refoulés par les Finnois, venus de l'Est, par la voie continentale, et du Sud, en traversant le golfe de Finlande. Cet événement dut se produire vers le début de notre ère. II y eut probablement quelques croisements entre les indigènes et les nouveaux venus, mais qui n'ont laissé aucune trace sensible dans la structure raciale du peuple finnois. Les ancêtres des Finnois étaient alors des chasseurs et des pêcheurs dont la civilisation ne différait pas notablement de celle qu'ils trouvèrent chez les Lapons. Mais, au contact des peuples germaniques, ils apprirent la navigation. L'agriculture leur vint à la fois de l'Ouest, des Scandinaves, et de l'Est, des Slaves. Aujourd'hui encore on peut relever des différences, entre la Finlande occidentale et la Finlande orientale, dans la manière de cultiver les champs, d'atteler les chevaux, et jusque dans la forme des instruments agricoles; par exemple, la forme de la faucille sert à partager le pays en deux zones agricoles: la zone d'influence nordique et la zone d'influence slave.

La Finlande compte aujourd'hui parmi les pays les plus civilisés d'Europe, pays où depuis longtemps il n'existe plus d'illettrés, où les villes sont construites selon les idées de l'urbanisme le plus moderne. Mais sous le vernis de cette civilisation occidentale qui tend de plus en plus à uniformiser l'aspect des pays d'Europe et même du Globe, on atteint, comme partout ailleurs le substrat des traditions millénaires, la vraie culture populaire, celle qui donne à un pays son caractère proprement national. Le conservatisme ethnographique d'un peuple est d'une ténacité étonnante, les mêmes habitudes, les mêmes gestes se transmettent de père en fils à travers des dizaines de générations. J'ai vu au Musée National d'Helsinki quelques paires de skis fossiles, découverts sous des couches profondes de tuf, et qui ne comptaient pas moins de deux ou trois mille ans d'existence. Non seulement leur forme était identique à celle des skis employés aujourd'hui, mais le dessin gravé qui les ornait était absolument le même que grave encore de nos jours le paysan finnois.  Ce n'est pas seulement, comme on pourrait penser, chez les paysans, dans les fermes isolées au milieu des immenses forêts et des lacs. innombrables, que l'on trouve des exemples de ces survivances, mais aussi parmi la population urbaine. Ainsi le puukko, le fameux couteau finnois, est un accessoire inséparable de tous les ouvriers et ouvrières, sans parler des habitants des campagnes, où même les enfants le portent toujours suspendu à leur ceinture. C'est un couteau à lame large et acérée, d'un très bel acier, dont la trempe constitue depuis des siècles un des secrets des forgerons finnois et les faisait passer jadis aux yeux de leurs voisins slaves, pour des sorciers redoutables. Il se porte dans une gaine en cuir, bois ou os, souvent décorée, surtout celle des femmes, et se retrouve, à peu près la même, chez les Ostiaks et les Vogoules des deux sexes. Jadis, armés de puukko, d'épieux, et d'arbalètes, les chasseurs finnois affrontaient même le roi de la forêt, l'ours, animal sacré dont la chasse donne lieu, chez tous les peuples du Nord, à toutes sortes de cérémonies, de caractère religieux. Depuis longtemps arbalète et épieu ont cédé la place au fusil, les fêtes de l'ours ne sont plus qu'un souvenir, conservé dans quelques passages du Kalevala, et l'ours lui-même devient un gibier de plus en plus rare. Mais le port du puukko demeure un trait populaire finnois, et même de nos jours les soldats finlandais font usage dans un corps à corps de cette arme nationale qu'ils manient avec une habileté redoutable.

Des multiples traits où l'œil exercé de l'ethnologue lit le passé lointain . d'un peuple, nous ne retiendrons ici que les -plus saillants. Si dans le Sud et l'Est du pays on trouve des villages où les maisons sont disposés de part et d'autre de la rue on tassées autour d l'église, à mesure que l'on remonte vers le Nord, on rencontre des fermes de plus en plus isolées au milieu de la forêt. Dans ces contrées sauvages dont la colonisation ne date que du XVIII ou du XIX siècle, la ferme se trouve au milieu des champs gagnés sur la forêt au prix d'un dur labeur. Elle comprend un nombre considérable de bâtiments, serrés les uns contre les autres de façon à fermer complètement la cour intérieure. Il ne faut pas s'étonner du nombre de ces dépendances. En raison de la difficulté des communications, surtout au printemps et en automne, ces fermes se trouvent souvent réduites à leurs propres ressources, et les paysans sont obligés d'avoir sous la main de quoi pourvoir à tous leurs besoins: une petite forge, une tannerie, etc...

L'église, située d'ordinaire sur une hauteur, forme un centre de réunion pour des familles dispersées dans un rayon de plusieurs lieues ou même dizaines de lieues. Tout récemment encore on s'y rendait en bateau, en suivant le cours d'une des innombrables rivières du pays ou en longeant les bords d'un lac. Ces grandes barques, pouvant. contenir jusqu'à trente personnes, sont dénommées «bateaux d'église ». Toutes les constructions sont en bois, et n'ont généralement pas d'étage. Pourtant il existe aussi un type de grenier, le luhti, avec un étage qui porte généralement une galerie couverte et se trouve ainsi surplomber le rez-de-chaussée: Il est difficile de préciser d'où vient cette particularité du style architectural. Le luhti rappelle dans une certaine mesure les greniers ostiaks ou lapons construits sur pilotis afin de soustraire leur contenu aux déprédations des animaux sauvages.  Les maisons sont généralement spacieuses et très propres. Le paysan et la paysanne finnois apportent beaucoup de soin et de goût à la tenue de leur intérieur. Les longues soirées d'hiver laissent à l'homme beaucoup de loisirs, qui lui permettent de s'occuper à enjoliver tous les objets usuels. Les armoires, les chaises, la vaisselle en bois sont souvent gravés et peints d'une manière artistique. Il est d'usage qu'un jeune homme fasse cadeau à sa fiancée d'une planche à calendrer particulièrement soignée ou d'un écrin: en bois avec une fermeture à secret très ingénieuse, couverts de dessins gravés, peints ou pyrogravés. Si chaque artiste donne évidemment libre cours à sa fantaisie, pourtant le choix des dessins est déterminé par la tradition. Parmi les ornements les plus divers, on retrouve toujours les mêmes motifs: rhombes, rosaces, fleurs, animaux sont identiques aux motifs répandus dans tout le nord de la plaine russe, et qui, sans doute, avaient à l'origine un caractère symbolique (le plus souvent il s'agit d'une image stylisée du soleil). Rien n'est plus persistant, plus «ethnographique » si l'on peut dire, dans la vie d'un peuple, que l'ornement. Les notions du beau, du joli se conservent intactes dans le subconscient de l'âme populaire, des siècles et des siècles durant.

Ceci est également valable pour les travaux des femmes, tout particulièrement pour les broderies. Les motifs de broderies sur les essuie-mains d'apparat avec lesquels les paysannes de Carélie décorent les coins «sacrés » de leurs maisons, coins où sont suspendues les icônes des saints orthodoxes, accusent une tradition millénaire. Il y en a de particulièrement intéressants, tels que par exemple les oiseaux mythiques ou l'image d'une femme les bras levés vers le ciel. On trouve des motifs de broderie identiques dans quelques coins de la Russie et les dernières recherches tendent à prouver leur origine orientale qu'il faut chercher dans le culte du soleil de la Perse ancienne. Mais quels cheminements les ont conduits jusqu'aux froids rivages de la mer Baltique?

Un autre métier familier aux Finnois et dont la provenance est également due au Proche-Orient est l'art de tisser les tapis. Depuis des siècles les paysannes de Finlande confectionnent des tapis dont la technique est la même que celle des célèbres tapis d'Orient. Les plus beaux spécimens conservés sont ceux du XVIII siècle faits au point dit «nœud de Smyrne », au dessin très compliqué comportant des figures d'animaux exotiques ou mythiques (tels que le lion aux bois de cerf) et aux couleurs savamment nuancées. Le XIX siècle marque une certaine décadence de cet art, mais au cours des dernières années on enregistre une reprise de ce noble métier. Seulement le dessin traditionnel a été remplacé par les banalités modernes des magazines de modes et les criardes couleurs chimiques ont fait oublier le secret des couleurs végétales.  Mais c'est dans l'art du tissage que les femmes finnoises excellent tout particulièrement. Il existe de grands métiers d'où sortent des tissus solides et à dessin compliqué, de plus d'un mètre de large. Et il faut voir avec quelle agilité les doigts des vieilles paysannes, déformés par le labeur, manient la navette, Mais ce qui intéresse particulièrement l'ethnographe ce sont les métiers anciens, du type commun à tous les peuples finno-ougriens, employés surtout à tisser des rubans. Il y en a qui sont constitués par un seul peigne; d'autres se présentent sous la forme de petites planchettes carrées, à 2 ou 4 trous chacune et dont le maniement exige beaucoup d'adresse et de mémoire. Ce métier à planchettes sert surtout à confectionner des ceintures multicolores qu'on distribue généreusement aux parents du fiancé lors du mariage, coutume de caractère probablement rituel à l'origine.

Le costume national proprement dit se conserve surtout dans l'Est du pays et encore chez l'élément féminin, beaucoup plus fidèle aux traditions à cet égard, comme partout ailleurs en Europe. A l'Ouest, après avoir été fortement influencé par le costume scandinave, il a été presque partout remplacé par le costume de type urbain et c'est seulement les dimanches et les jours de fêtes que vieilles femmes et jeunes filles sortent de leurs armoires de coquettes coiffes brodées, de larges! jupes à raies rouges et bleues et d'élégants tabliers formés de bandes de dentelle et de rubans brodés. Le costume national, partout où il existe, traduit toujours l'état civil de son porteur. En Finlande, c'est surtout à la coiffure que l'on distingue la jeune fille de la femme mariée. La première porte en général une coiffure légère composée d'une torsade de couleur gaie avec de longs rubans retombant sur le dos. Quelquefois, c'est un' simple ruban qui retient les cheveux; autrefois même les jeunes filles ne portaient aucune coiffure jusqu'à leur mariage. Ceci ne s'applique qu'au costume d'été. En hiver les rigueurs du climat nordique rendent tout à fait indispensable le bonnet de fourrure couvrant les oreilles. Les femmes mariées, par contre, portent soit une coiffure assez compliquée, soit un fichu enveloppant complètement la tête et protégeant les cheveux des regards indiscrets. Le changement de coiffure constitue un des rites les plus intéressants de la cérémonie du mariage et s'accompagne de chants traditionnels. Quant à la coutume du couronnement de la mariée, elle est visiblement empruntée à la Suède. La chemise est d'une coupe simple, souvent brodée au col et aux manches. A la différence des Slaves où elle est ouverte sur le côté et se boutonne au col, la chemine finnoise tant pour les femmes que pour les hommes est ouverte par devant, sur la poitrine, et ne porte pas de boutons. La jupe est longue et ample. Elle est soutenue par des bretelles dont la couleur vive, rouge ou bleue, tranche sur la blancheur de la chemise. La pièce la plus soignée du vêtement est le tablier, bordé habituellement de dentelles. Par-dessus la chemise on passe une veste, plus ou moins longue, souvent serrée à la taille par une ceinture tissée au « métier à planchettes ». Quelquefois les jeunes femmes portent sur la poitrine une sorte de plastron brodé et plissé, le rekko, mais l'usage de cette pièce, autrefois employée également par les hommes, tend à disparaître.

La chaussure, celle de tous les jours comme celle du dimanche, est généralement en cuir. Dans ce pays de forêts les sabots en bois sont presque inconnus. Par contre, en été, et surtout dans les contrées pauvres de l'Est, on porte souvent des sandales tressées en rubans d'écorce de bouleau, très légères, élégantes, et surtout d'un prix défiant toute concurrence. L'écorce du bouleau, le tuohi, constitue une matière souple et suffisamment résistante, dont le paysan et le bûcheron tirent les partis les plus divers. On pratique sur le tronc du bouleau une .longue incision verticale, et l'on retire par grandes feuilles la peau blanche et flexible. Jadis on s'en servait comme de papier à écrire; on en faisait aussi des cartes à jouer. Si cet usage est abandonné depuis longtemps, il reste néanmoins beaucoup d'autres utilisations du tuohi. Découpé en étroites bandes il fournit une excellente matière pour toutes sortes de tressages: chaussures, corbeilles, récipient pour le sel, etc. Un large morceau d'écorce suspendu à une branche est un berceau tout indiqué pour le bébé dont la mère travaille aux champs. A-t-on besoin d'une coupe à boire? Un morceau de tuohi, plié en forme de cornet, fournira un gobelet pour le lait ou la bière. On peut en confectionner de jolies boîtes, des jouets, de belles trompes à l'usage des bergers, etc. Les Finnois parlent parfois de leur pays comme du «tuohimaa», le «pays de l'écorce du bouleau ».

On ne peut passer sous silence, en parlant de la civilisation finnoise, une importante coutume hygiénique nationale: la fameuse étuve de bains, la sauna. Le principe en est fort simple: dans une pièce construite spécialement à cet effet, on fait rougir un tas de pierres sur lesquelles on jette un seau d'eau froide. La vapeur dégagée par cette opération remplit la pièce et monte vers le plafond. Une échelle permet d'atteindre la zone de chaleur désirable. Là, étendu sur une planche, on se fustige avec des verges de bouleau, en transpirant à grosses gouttes. Au bout d'un certain temps, la chaleur devenant insupportable, les gens se précipitent dehors et se roulent dans la neige qui fond au contact de leurs corps surchauffés. Ensuite, on rentre de nouveau dans la sauna, on se rince et l'on va se reposer. Sans doute seuls les amateurs de sensations fortes goûteront ce genre de bain. Mais un Finnois ne peut pas plus se passer de sa sauna qu'un paysan français de sa bouteille de rouge ou un fermier hollandais de sa pipe. Ce n'est pas seulement par plaisir c'est par nécessité et il en considère la pratique comme indispensable pour sa santé. C'est un des plus anciens traitements médicaux contre toutes les maladies et un proverbe finnois dit: si le sauna, l'eau de vie et la résine de pin ne soulagent pas le malade, alors c'est qu'il n'y a rien à faire.

Nous n'avons fait qu'effleurer quelques aspects de la civilisation populaire matérielle de Finlande. Disons, pour terminer, quelques mots du caractère national des Finnois, des traits de ce caractère qui frappent le plus l'étranger. Leur honnêteté est proverbiale, ainsi que leur ténacité, qui aboutit parfois à un entêtement farouche. Ils passent en général pour très taciturnes. Ceci est vrai surtout des gens du Nord, habitants de fermes isolées, soumis aux longues solitudes et au rude travail du défrichement. Les gens de l'Est et du Sud-Est sont tout autres. Les habitants de la province de Savola aiment à rire et sont doués d'un esprit savoureux et d'une tendance marquée à l'exagération. Ce sont les Marseillais de la Finlande. Les Caréliens, eux aussi, sont très sociables, pour ne pas dire bavards. Les autres Finnois les considèrent comme des paresseux et des «imaginatifs ». Il faut reconnaître en tout cas qu'ils constituent l'élément le plus artiste du pays. Ils aiment les jeux, les contes, les fêtes. Ils chantent en travaillant et sont particulièrement doués pour la musique. Ce sont de grands virtuoses du kanfélé national, instrument à cordes, dont le nombre varie de 5 à 11, probablement très ancien. Ce sont les Caréliens qui ont gardé le plus fidèlement jusqu'à nos jours les traditions ancestrales. Cette civilisation finnoise, sans être aussi riche que d'autres, a un caractère bien à elle et affirme, entre les Scandinaves à l'Ouest et les Slaves à l'Est, son droit à la vie et à l'indépendance. Et le peuple finnois est très fier et très conscient de son origine et de son lointain héritage culturel. Nulle part peut-être l'intérêt pour l'ethnographie nationale n'est aussi général, aussi passionné qu'en Finlande. La Société Nationale d'Ethnographie d'Helsinki compte par centaines des collaborateurs bénévoles parmi toutes les classes de la société: négociants, instituteurs, paysans, et, lorsqu'elle entreprend une enquête, de tous les coins du pays elle voit affluer les réponses. Un tel peuple, qui garde si jalousement ses traditions, conservera toujours le sentiment de sa destinée propre et combattra farouchement tout ce qui porte atteinte à son âme nationale et à son indépendance."

BORIS VILDÉ. Attaché au Musée de l'Homme.